dimanche, juillet 13, 2008

113

Tout n'était qu'une illusion. Je me suis réveillée avec cette certitude. Je n'aurais jamais cru que mes doutes se dissiperaient aussi vite; j'ai pris l'habitude de vivre avec, ils existaient depuis un temps déjà et je ne pensais pas les perdre d'un coup, comme ça, comme une balle dans la tête. Je ne pensais pas que ça pourrait être aussi rapide.
Tout n'était qu'illusion. Une histoire inventée par mon idiotie, ma naïveté, mes rêves de petite fille. Je ne pensais pas que ma cervelle pouvait créer un scénario aussi puissant, fournir des preuves aussi crédibles, s'imaginer toutes ces choses et tous ces détails, des bribes de discussion, des regards trompeurs, cervelle idiote, cervelle bête que je devrais jeter à la poubelle. J'étais à deux doigts du bonheur, à deux heures, à deux pas, mais à l'heure du rendez vous, tout s'est dissipé, tout a disparu comme s'il n'a jamais existé. C'était un mirage. C'était un mensonge, j'ai menti à moi même, moi qui ne sais pas mentir, mais moi tellement naïve pour croire à un mensonge aussi bas-prix.
Cela m'a pris du temps pour m'en convaincre. Je cherchais peut être à combler un vide, ou me donner des raisons à mon échec. Pendant des mois, cette illusion était mon bonheur. Je croyais goûter à un plaisir inconnu; l'attente amorçait ma jubilation et dilatait mes fantasmes. J'en parlais à droite et à gauche, à tout le monde, je le criais déjà sur tous les toits comme un gosse trop fier de son premier mot, je ne pouvais patienter. Le doute n'était qu'un moment de répit; après, mes pensées partaient folles et ivres, au loin, vers l'infini.
Cela m'a pris une seconde pour m'en séparer: je me suis réveillée, j'ai regardé de l'autre coté du lit, il y avait une grosse masse engloutie dans un sommeil de bébé, il y avait cet abîme, et il n'y eût plus rien. J'y croyais pourtant, au baiser du prince charmant qui réveille la belle au bois qui dort. Peut être est-ce parce qu'on n'était pas dans un bois, ou que je n'étais pas belle, ou encore que je me suis réveillée la première. Je croyais que le lit suffisait à l'accomplissement de la scène, je l'ai déjà essayé avant, et dans le feu de l'action, je sais qu'on s'en tape du décor. Mais ce matin là, il y manquait la magie. Je ne me prendrai pas la tête. Un sourire, et comme si de rien n'était.
Je n'ai plus de sentiment, ou au contraire j'en ai trop et trop la flemme de les analyser un à un. Trop de choses ont disparu, trop de choses ont changé, trop de sentiments ont giclé. Et là, je suis occupée à chercher la petite bête, pour ne pas regretter mon sourire au réveil.
Et bizarrement, ce matin là, j'ai détesté les poils.

PS. 113 c'est le numéro de la note :p (113 ça se fête quand même :p)

16 commentaires:

MAD DJERBA a dit…

L'illusion du bonheur, le bonheur de l'illusion, et puis le détail qui tue, le déclic et c'est Domina Day...
"Un autre homme, une autre chance" comme dirait Lelouche :-)

MAD DJERBA a dit…

Erratum : DominO Day !

Iznogood a dit…

Il est temps de passer à autre chose surtout que les occasions ne manquent pas ;)

Joli Coeur a dit…

Coucou! J'adore ta note comme toujours..
Et c'est comme si c'était moi qui parlait mais des mois auparavant :).
Courage, ça passera comme ça été mon cas.

Anonyme a dit…

Me dis pas que tu as osé renier ton ours en p'luche !!! Moi je serais capable de virer mon mec pour que mon nounours garde sa place dans mes bras
(oh c'est bon je sais, il est tard, je passais juste dire bonjour, enfin bonsoir !!!)

marilyn a dit…

Tout n'est qu'illusions, entièrement d'accord. Il y a bien des moments magiques, si si, mais on dirait qu'ils sont là juste pour nous rappeler la médiocrité du reste. Longtemps on les attend, et quand enfin ils arrivent , ils se consument si vite qu'on croit qu'ils n'étaient là que pour nous laisser cet arrière goût amer dans la bouche...

Bon j'ai fini de distiller mon cynisme.

Si la vie est grise, il faut mettre des lunettes roses, ou vertes à pois, et se convaicre que c'est très bien comme ça. ^^ . Un pot de mars ice cream et ça repart ^^ (oui tout entier le pot, sinon ça a pas l'effet escompté(ok j'arrête de prendre toute la place^^))

wounded_spirit a dit…

J'adore le texte. Bravo!

Yas a dit…

On passe la moitie du temps a vouloir que nos reves deviennent realite, et l'autre moitie a esperer que la realite ne soit qu'un mauvais reve.

h et m a dit…

Mad Jerba> oui j'attends impatiemment de passer à la suite :))

Iznogood> très discrète comme proposition :D je vais étudier ton dossier :D

Joli coeur> oui ma belle :) l'arrière goût de la déception est le même ;)

MissInes> t'es là toiiiiii !!!!! :D oh non, mon ours en p'luche je le change pour rien au monde t'es folle oui!!! :D

Marylin> lol on a le même remède apparemment :p c'est si boooooon ! sorte de bonheur palpable qui dure autant qu'on veut en plus :p

Wounded Spirit> merci :))

Yas> la frontière entre le rêve et la réalité est flexible apparemment.. je peux la modeler, la repousser, la tirer, mais je n'assume pas forcément les conséquences.. quand les deux se mijotent c'est la pagaille, et je n'y comprends que dalle

Skydancer a dit…

Du coup, je dois me raser dorénavant?

Ex-blonde a dit…

@sky: oui!

h et m a dit…

Sky> non ça va, t'es pas trop poilu toi :p

Exblonde> sayyeb 5ouk yezzi e7chem!

muse a dit…

life is a pain in the bum :)

Gélatine a dit…

Quand c'est comme ça, la solution bête mais efficace est de se dire : "C'est la vie!"

Ca passe mieux quand on fredonne You never can tell : ""C'est la vie", say the old folks, it goes to show you never can tell.." de Pulp fiction, et qu'on esquisse un petit twist ;p

h et m a dit…

Muse> yeah i think so :)

Gelatine> waaahhh j'adooore cette chanson (et le film :p)
on se bouche le nez, on remporte le trophée et ... c'est quoi la suite? :D

Gélatine a dit…

Après...dès que tu seras rentrée de ton tour de Paris en vélo, on se teint les cheveux en blond (sans déc, j'aimerais bien essayer un jour), et on se prépare à tuer Bill :)