lundi, mai 12, 2008

Je rêve de Tunis (2)

[...] je rêve d'une longue discussion, avec toi.. dans la voiture.. toi au volant et moi caressant ta nuque et toi qui m'écoutes et moi qui raconte n'importe quoi et toi qui te marres et moi qui continue et toi qui me crois et moi qui invente et toi qui en rajoutes et moi qui me marre et toi qui racontes nos souvenirs n fois remâchés et moi qui fais semblant d'oublier et toi qui me racontes ta vie et moi qui te relates la mienne et toi qui rêves de tout et de rien et moi qui me fous de ta gueule et toi qui me fais des promesses et moi qui y crois au fond et toi qui conduis comme un malade et moi qui te regarde et toi qui t'enfles d'orgueil et moi qui souris et toi qui vas nulle part et moi qui pars loin et toi qui me raccompagnes et moi qui nage dans le bonheur..
je rêve de nous deux.. comme au bon vieux temps.. ouais bon, c'était pas si génial que ça avant.. et puis, arrêtons de nous voiler la face, on est pas si vieux que ça.. et puis, j'ai promis d'arrêter de râler alors voilà..
j'ai juste envie qu'on soit tous les deux.. la nuit.. dans la voiture.. là bas..
je suis impatiente.. même si j'ai l'ultime conviction que je serai encore déçue.. pour la nième fois.. mais qui ne tente rien n'a rien.. hein.. toi qui me dis toujours : Get rich or die tryin'.. I got it.. but I think I've been dyin' for a long time.. but whatever.. she said it wouldn't have worked out anyway.. (c'est l'effet film gnagna en VO :p ça va passer :p)
et puis, faut d'abord que je rate pas l'avion.. pas évident..

jeudi, mai 08, 2008

27 Robes

Moi, je les adore les films gnagna. T'sais, les films où tu repères la fille et le gars qui vont finir ensemble dès la première scène, et cruella d'enfer qui va faire sa blonde casse-couille, et où tout le monde s'aime dans une ambiance on ne peut plus débile (coucher de soleil, ballade sous les étoiles et autres conneries du genre). Et même si tu as du flair dans l'histoire, tu flippes jusqu'au bout. Tu n'es pas encore sûr, tu te demandes, merde s'ils vont finir ensemble, et si oui, comment ils vont faire, et t'imagines leur vie nageant dans le bonheur. Et puis, il y a toujours le coup du mec salaud au bon milieu du film, pour mettre un peu d'ambiance. Et là, t'es encore plus concentré pour savoir si la fille va lui pardonner, et comment il va rattraper son coup. Et ça finit en beauté à la chapelle, en se disant oui à la vie à la mort, et j'en sors, un sourire aux lèvres, même si c'était archi méga super hyper débilement votre.

L'horreur dans tout ça, c'est que, même si je sais d'ores et déjà que c'est débile, et que je dois pas trop m'emballer, et que c'est juste un film, bah j'y crois quand même merde! T'sais, ce genre de scénario à la con, de la rencontre on ne peut plus fortuite, qui finit en bouquets de fleurs à longueur de journée puis le sexe sur la banquette arrière. Ou encore le coup du mariage improvisé qui finit on ne peut plus magnifique. Merde, j'arrive pas à m'empêcher d'y croire, quand je regarde ce genre de film moi. Encore les films disney ça passe, parce que ça fait intervenir des phénomènes surnaturels, je finis toujours par revenir sur terre (ouais, bon, Anastasia, c'était dur: il m'a fallu une semaine pour me convaincre que je ne pouvais absolument pas être une princesse russe) (ouais bah rigole pas merde, pourquoi pas?) Mais les films gnagna ont un impact plus fort sur ma cervelle; rien qu'en sortant du ciné, je commence à sourire avec insistance à tous les passants, au point de passer pour une tarée. Et après, je me tape une semaine de déprime en découvrant à quel point je suis stupide.

Prince charmant de merde.

dimanche, avril 13, 2008

Les petites bourrettes



Spectacle magnifique hier à la péniche Al Alamaïn!
Merci Momo :)

Une chanson : On rigolera

Le site: Les petites bourrettes

Myspace: Les petites bourrettes

De mauvais poil

On est en Avril. Dans un monde meilleur, je devrais sentir le printemps envahir la planète, installer un beau sourire à ma gueule et profiter de la vie. Mais la réalité est autre: il fait moche là dedans. Tellement moche que mes orifices sont bouchés un à un que je n'ai même pas vu le printemps venir. Pas moche genre: je suis super à fleur de peau et si tu touches à mon auriculaire, je vais me suicider. Non non, voyons, ça fait belle lurette qu'on a dépassé ce stade. Pas moche genre: bobo d'amour blottie sous la couette avec pot de nutella et stock de papiers. Non, non, les larmes et moi, on a cassé ça fait un bail déjà. Mais moche. Voilà. Chai pas...
J'ai envie de tuer tout ce qui bouge. J'ai du mal à supporter mon entourage. Des fois, j'entends ma voisine respirer, j'ai envie de lui castrer les narines. J'ai envie de génocide à chaque récré, à chaque fois que je vais au Quick, ou que je prends le métro. J'ai envie de meurtre à chaque fois que je vois la femme de ménage. J'ai envie de sadisme à chaque fois que je prends une douche, toujours froide, dans cet internat de misère de merde.
Moche quoi.
J'ai perdu trois cordes vocales à force de crier sur des objets inhumains, ou au téléphone avec ma mère (remarque, le téléphone est inhumain aussi). J'ai arraché presque toutes les touches de mon clavier qui ne marche plus parce que j'ai versé de l'eau dessus, un jour où j'étais mochement mal réveillée.
Alors, oui, je fais des trucs pour m'en sortir:
Je m'épile trois fois par jour. C'est une méthode que j'ai trouvée sur internet : souffrir pour aller mieux. Alors, bon, les poils, à un moment on n'en a plus. Alors je tripote les poils qui poussent sous la peau, avec des instruments assez pointus, pince à épiler, compas ou aiguille. Résultat: je ne mettrait plus de jupes d'ici 2013, en attendant que égratignures, plaies et autres choses dégueulasses partent.
Je crève les points noirs de mon nez. Même s'il y a des points qui ne sont pas noirs, et bah je les crève aussi. Je crois que finalement, j'ai tout crevé. Résultat: le visage qui ressemble à un marsupilami (je ne vois pas trop la ressemblance, mais chui pas inspirée pour trouver autre chose)
Ah oui. Toujours dans le même esprit de souffrance, j'ai passé trois heures à ranger et nettoyer ma chambre. Alors, ça par contre, c'est pas mal. J'ai retrouvé mon passeport, réorganisé mes cours. J'ai dégagé l'accès extérieur en déplaçant la pile de linge sale (et propre) qui bloquait la porte, pour la foutre sous le lit. Mais bon, sur le coup, ça fait un bien fou. Mais va voir deux heures après: j'ai interdit à tout le monde d'accéder à ma chambre afin de préserver le propre qui y règne. Moi même, je me suis désinfectée les pieds avant d'y entrer. Et je me promène avec un gros sac en plastic sur la tête pour éviter tout cheveu qui traîne.
Oui, oui. C'est moche, je te dis.
Mais un jour, je m'en sortirai, promis.

samedi, avril 05, 2008

Ce soir au palais des sports...

Ces gens là

Hier, je suis allée manger chez une amie à la famille, que j’ai dû voir une ou deux fois dans ma vie. La dame était mannequin chez Nina Ricci dans son jeune âge, puis couturière dans une autre maison, et à la retraite, n’ayant pas trouvé d’autres occupations, elle « est revenue à Dieu » (raj3et el rabbi), suivant la recette commune : regarder Iqrâa ou Islam Academy à longueur de journée, passer une bonne partie du temps à la mosquée, et, résultat fondamental de cette mystification, mettre le voile. La dame est visiblement gentille. Mais, pendant toute la soirée, la discussion ne tournait qu’autour de Dieu, de l’islam, de tel ou tel Imam, de telle ou telle émission. Ensuite, la dame me sort la liste des filles qui, arrivées à Paris qui ont mis le voile, parce qu'à tunis, on est trop persécutée pour le faire. Je ne me sens pas encore visée, je laisse parler ; apparemment la dame est seule, et la discussion lui manque. Mais elle n’en finit pas, et vient le tour de LA question qui me gonfle: tu fais la prière ?

Je hais ces gens-là. Ces gens qui, une fois ils ont mis un bout de tissu sur le crâne ou laissé pousser un bout de barbe se prennent pour les messagers de Dieu, et se permettent de faire la morale à tout le monde. J’ai beau les considérer comme naïfs, se laissant manipuler par ce mouvement de foule qu’est devenu l’ « islamisme » de nos jours. Mais ils vont trop loin. Ils sont plongés dans un extrémisme dangereux pour la société, et ils n’en voient pas les conséquences. Ils établissent des règles, modifient des lois, inventent des dogmes, s’interdisent des permissions. Pire encore, ce que je trouve ignoble est que l’islam se transforme de plus en plus en un phénomène de mode ou une manifestation d’hystérie collective. Devant ce genre de spectacle, je me sens tout simplement offensée, de voir « mon islam » en tant que croyances réduit à ce genre de pratiques. D’autre part, ces gens-là confondent entre islam comme religion et croyance et islam comme code de société. Il est vrai que certaines règles sociales ont été clairement établies dans le texte. Mais on oublie qu’elles ont été souples, essentiellement pour suivre l’évolution de la société humaine. Il est évident qu’après 14 siècles, elles se doivent de changer. Mais en bons musulmans, ces gens-là refusent tout changement. Bien au contraire, ils font la course de qui se prive le plus pour aller au paradis. Un exemple qui me vient en tête :la virginité au mariage. Ça m’étonne que Dieu, tel que j’y crois, se soucie d’une quelconque manière de mon hymen : la morale est que la société ne se transforme pas en bordel. Alors que ce genre de sujet présente la moitié de ce qui se dit sur islam Academy & Cie.

Enfin, s’il y a une morale que mon père a réussi à m’inculquer parfaitement, c’est bien que la religion est strictement une affaire personnelle : mon père est, comme on dit, un bon musulman. En vingt ans d’existence, je n’ai jamais vu mon père parler de religion en société. Et dès qu’on l’interroge sur telle ou telle pratique, il contourne la discussion par un « je ne sais pas, il faut demander ». En vingt ans d’existence, mon père ne m’a jamais dit un jour : ma fille, tu dois croire en Dieu, faire la prière, faire le ramadan et mettre le voile. Tout ce qu’il m’a imposé comme règles sont relatives à mon comportement en société, jamais à ma religion, et encore moins à l’aspect pratique.

La dame croyait m’emmener au paradis en me faisant la morale. Je trouve ça bête. Dieu, j’y crois à ma manière, à la manière dont je suis persuadée qu’il aimerait que j’y croie. Athée, croyant pratiquant ou non, chacun est libre de trouver son équilibre. Alors pourquoi continuer ce genre de discussions stériles?

PS. Bon, c'est vrai, hier j'ai joué à la Wii :p, mais c'est un vieux texte que des détails actuels m'ont rappelé :p

vendredi, mars 28, 2008

Elle

C’est le hasard qui a fait croiser nos chemins. Drôle de hasard, qui nous fait sourire à chaque fois qu’on nous demande les détails de notre rencontre, regards complices, clins d’œil trompeurs, « C’est le hasard ».

Elle, c’est ma dose de tendresse et d’amour dans un monde de solitude. C’est mon câlin au réveil qui me fait passer une bonne journée, blottie dans son lit, l’étreinte du cœur contre cœur qui m’apaise, et ma place qui m’attend toujours entre ses bras.

Elle et moi, c’est Piaf et Aznavour qui souffrent nos fausses notes, nos voix mal réveillées, ou tremblantes en fin de soirée par deux trois gouttes d’alcool. C’est nos délires qui vont dans tous les sens, et nos discussions qui partent en couille ; nos complexes et tabous remâchés n fois, nos mêmes conclusions, nos mêmes résolutions. Nos vies racontées en descendant la rue Mouffetard, ou en traversant la seine ; nos petits bouts d’existence qui se ressemblent.

Elle, c’est la copine qui me raconte ses peines, et l’amie qui écoute les miennes, qui ne s’en lasse jamais, qui en demande toujours. Elle, c’est parfois ma mère, qui veille sur moi quand j’ai envie de faire la gamine. Et ça me fait rigoler, car elle le fait si bien.

Elle, qui passe par là, je lui fais un gros bisou.

:)

jeudi, mars 27, 2008

Les Deux Guitares

free music



Comme dans un tourbillon.
Respire.
J'étouffe.
Respire.
Je suffoque.
Comme dans une tempête.
Respire.
Je m'évanouis.
Respire.
Je me perds.
Respire.
Il fait noir.
Respire.
Vite, vite, vite.
Je n'ai plus de souffle.
Encore. Plus vite.
Je n'ai pas envie.
Mais respire.
Je veux m'écrouler.
Respire.
Assez.
Et je tombe.
Et je m'abats comme un château de carte.
Comme un enfant sans défense.
Je me roule par terre, ramassant mes bras qui traînent, clignotant des yeux, frustrant mes larmes. Les mains sur mes lèvres inassouvies. Savourant ma souffrance, qui n'existe pas. Dégustant ma tristesse, qui m'enivre. Ramassant ma mémoire, ma détresse, ma folle jeunesse.
Jamais deux sans trois, disait le vieil adage.
Un était la naissance. Comme un enfant qui renaît à la vie. Plaisir inconnu, pêché envoûtant, interdit levé. Pari perdu.
Deux était l'aventure. Moment volé, instant où le temps s'arrête, où le corps domine, temps irréel, tiré du rêve ou du cauchemar.
Trois, c'en est assez. L'enfant s'ennuie, veut grandir. L'enfant réclame, l'enfant blâme, l'enfant se fait entendre, et apprend à se taire.
Mais respire.
A quoi bon? Faible, épuisée, usée. Comme la première germe d'une fleur, qu'on arrache au moment de son éclosion.

Alors jouez, tziganes, jouez pour moi...
Couvrez cette voix qui me rend folle.. cette voix qui m'exaspère, me tyrannise...
Je n'ai pas mal, la voix. Je n'ai pas mal à la tête. Je n'ai pas mal à l'âme. Je n'ai nul besoin de parler, la voix.
Tais toi la voix.
Juste envie de vin...
Je bois aujourd'hui, je boirai demain..
Et je me nourris de fumée, et j'étouffe, et je tousse, et je n'ai nulle envie de respirer...
Et j'attends...
Je ne pleurerai pas, la voix..
Je suis heureuse...
Je veux rire, chanter, vivre...
Saouler ma peine...
Pour oublier le passé, que je n'ai pas...
Un autre verre, la voix...
Et tais toi...
Laisse les jouer..
Versez.. versez-m'en encore.. pour que je m'enivre...

Deux guitares en ma pensée
Jettent un trouble immense
M'expliquant la vanité
De notre existence
Que vivons-nous, pourquoi vivons-nous?
Quelle est la raison d'être?
Tu es vivant aujourd'hui, tu seras mort demain
Et encore plus après demain..

Quand je serai ivre mort,
Faible et lamentable
Et que vous verrez mon corps
Rouler sous la table
Alors vous pourrez cesser
Vos chants qui résonnent
En attendant jouez
Jouez je m'abandonne.

lundi, mars 24, 2008

Murder Ballad

free music

mercredi, mars 19, 2008

A Exblonde...

free music


Alors, c'est quoi l'amour? :p

mardi, mars 18, 2008

Modern Love

Je déteste juger les films, je pense qu'il y a assez de critiques qui font pas mal leur boulot, mais celui là, il m'a un peu tapé sur les nerfs quand même...

D'abord, Alexandra Lami qui chante l'amour... C'est trop ringard! C'est trop pas son truc. Je l'imaginais mal avec un autre homme que Jeeeaaaannnn (viens ici!). Et là, c'était tout sauf ça!

Après, tout au long du film, les phrases cultes du genre: "C'est trop romantique, ça n'arrive que dans les films". Je déteste qu'on dise ça dans un film! c'est bon, chui pas con, j'ai compris que le grand amour n'existe que sur grand écran (à cause du grand peut être?), pas la peine de remuer le couteau dans la plaie! Nan, mais on dirait qu'ils y prennent plaisir: dès que je commence à rêver un peu, y a la formule magique qui ressort : "c'est comme au cinéma!" nan mais, TA GUEULE, j'ai PIGE!

Chose bizarre, les acteurs n'arrêtent pas de dire que le film est génial : ils écoutent la bande originale (qui, au passage, est nulle) et n'arrêtent pas d'émettre des commentaires du genre: "ouah, tu l'as vu? c'est une comédie romantique! j'adoooore!" On te montre la fille qui sourit du coin de la bouche, émerveillée en le regardant. Et le garçon qui le regarde émerveillé aussi. Et la rencontre super magique à la fin. Mais pour dire quoi à la fin? Tu es une misérable fille qui regarde les comédies romantiques? Tu es aussi ringarde qu'elle? Mais les rencontres super magique, c'est que sur grand écran que ça se passe? C'est peut être pour rappeler aux spectateurs qu'ils ne se sont pas trompés de film, comme dans l'avion: "vous êtes à bord du film Modern Love, décollage dans 5 minutes! "

Et Love dans tout ça? On a tous les clichés qui dégoulinent d'amour: le prince charmant, avec des billets d'amour collés sur le frigo, sur la tasse à café, le bouquet, les fleurs (c'est tout sauf moderne au passage.. faut rénover les gars) ; la princesse, robe super classe, coiffure super classe, comme dans les contes de fées; le bonheur, sourires à se déchirer la mâchoire, et yeux pétillants de joie!
Et puis, le gay qui vire hétéro, comme une grenouille qui se transforme en prince charmant (fin de citation) (c'est dégueulasse comme image quand même) la dame mariée qui vire lesbienne, et l'autre qui hésite entre son copain super ennuyeux ou son boss super tendance.

Pourquoi je suis allée voir ce film? la bande annonce était pas mal... tout est dans la bande annonce d'ailleurs :p
Et parce que... bah... il ne faut surtout pas aller voir des films sous-titrés avec ma mère... je risque d'avoir toute la salle sur le dos après (quooii?? qu'est qu'ils ont écrit?? qu'est ce qu'ils ont dit?? je t'entends paaaas! pluuus foooortt!! ) (moi aussi je t'aime maman)

jeudi, mars 13, 2008

Là bas

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[Même musique qui m'obsède.]

Je suis couchée sur mon dos. Les yeux face au ciel... qu'est d'une beauté... blanc, gris, gris, noir, bleu, blanc, gris, ces différents tons moroses... Et ce pont noir qui m'abrite. Je ne sais pas ce que je fais ici, mais j'aime y être. La pluie me chatouille les narines, et la bouche, et les cheveux. Je me sens en sécurité. Je suis au paradis. Pendant un moment, je me suis crue morte. Drôle de sensation. Douter de sa propre existence, ou la fuir. Peut être.
J'ai la seine devant moi. Je déteste sa couleur. Quand il fait gris, elle est verte comme la gerbe. Mais j'admire son mouvement. Flux qui jaillit on ne sait d'où, éternelle mouvance, sans fatigue, sans interruption, éternelle routine, se sépare, se réunit, se sépare, se retrouve. Elle est belle quand même. Sans sa couleur qui donne à gerber. Mais elle est belle dans l'ensemble.
Je ne sais pas pourquoi je suis ici. Je l'ai déjà dit peut être. Mais j'aime dire que je ne sais pas. A la base, je suis là pour penser. Mais mon jean m'est peu confortable, il me colle aux fesses et me harcèle la taille. J'ignore quel effet ça a sur mon cerveau, mais je le déteste ce jean. L'autre est définitivement mort. Paix à son âme. Je l'aimais bien pourtant. Je m'attache tellement fort à certaines choses, jamais à l'essentiel.
J'allume une cigarette. J'aime sentir la fumée dans mes poumons. J'aime quand ça ronge à l'intérieur, quand ça traverse mon corps, que ça monte à la tête, et que ça sort par les narines. Et je tousse. Et je souris. Je ne m'y habitue toujours pas. Comme le premier souffle d'un nouveau né, plaisir à jamais retrouvé. Bizarre que fumer tue.
Envie de penser... Mais ce jean, mais la pluie, mais le ciel... mais à quoi? à rien, justement. A ce rien qui peuple ma vie. Envie d'être rien pour une seconde. D'oublier d'où je viens, vers où j'avance, d'oublier le monde que je connais, et les passants qui me regardent bizarrement, m'oublier enfin. Envie d'un peu de solitude. Envie de ne plus communiquer. Je me sens épuisée de ce sort que m'inflige mon corps de communiquer tout le temps. Par tous les orifices, par tous les membres, par toutes les parties. Drôle d'envie, dans un drôle de texte écrit pour être lu. Hypocrite, va. Ou incapable.
Le vent m'éparpille dans tous les sens. Bientôt, je me décide à partir. Sans avoir pensé. Mince. C'est sûrement le jean.

dimanche, mars 09, 2008

Envie de dire des choses

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un pas en avant...
première tentative...
légère blessure...
mais j'avance...
comme cette musique...
temps fort, ton triste...
un pas en avant, un pas en arrière...
me voilà enfin...
seule face à moi même...
mais je ne sais pas...
mais écoute...
mais arrête...
mais je ne sais pas comment arrêter...
arrête de penser alors..
mais je ne sais pas...
arrête de dire je ne sais pas...
tu ne sais jamais rien...
et tu m'emmerdes...
je sais...
qu'est ce que t'en sais... t'en sauras jamais rien...
et tu continues à faire celle qui sait tout...
mais qui es tu à la fin?
mais je ne sais pas...
comme les chevaux d'un carrousel...
mes moi qui se cherchent, qui s'évitent, qui se bousculent...
qui se courent après...
drôle d'expression...
car on sait jamais qui court après l'autre...

et la musique qui me relance...
corps contre corps...
et la boucle qui se rejoue...
et mes pensées qui giclent... de nulle part...
drôle de machine à penser...
mais arrête toi bordel...
mais je ne peux pas...
mais essaye...
mais j'aime ça...
mais qu'est ce que t'en sais...
et la larme qui jaillit...
trouve son chemin jusqu'à mes lèvres...
drôle de goût...
au fond salé...
même amer...
se fond dans ma salive...
embrasse ma langue...
et mon cerveau qui se dresse...
mais arrête...
arrête...
arrête...

mais je n'ai pas tout dit...
j'ai envie de parler...
mais tu dis des bêtises...
mais j'en ai envie...
et ça recommence...
souvenir flou...
corps contre corps...
chaleur d'une nuit d'été...
mais c'était en plein jour...
et je dois partir...
et ce baiser qui devait se faire à la hâte...
et qui n'a jamais eu lieu...
baiser rêvé...
fantasmé...
tellement loin...
tellement inaccessible...
l'amour des choses dures...
et la larme qui ressurgit...
nettoie tout dans son passage...
purifie mes souvenirs et mes pensées...
et trouve chemin jusqu'à mes lèvres...
les caresse...
comme une pluie d'automne...
se mêle à la salive...
s'enroule à la langue...
les paupières qui clignotent...
et je ne suis plus moi...
mais qui es tu pour savoir...
mais arrête...


dernière scène...
sourire niais...
âme d'enfant...
aux idées perverses...
envie de dormir

lundi, février 18, 2008

Six trucs sans importance

Règlement:
1- Mettre le lien de la personne qui vous a taguée
2- Mettre le règlement du jeu sur votre blog
3- Mentionner six trucs sans importance sur vous
4- Taguer six autres personnes à votre tour.
5- Les prévenir sur leurs blogs

J'ai été tagguée par Chat'd'o (je ne te certifie pas que les confidences soient meilleur sujet que Tunis ou les mails :D ) , alors j'y vais:

Premier truc sans importance: (la couleur, c'est pour faire avec le décor :p )
Aujourd'hui, j'ai dépensé 4 euro au monoprix! C'est la première fois en un an et six mois et 20 jours que j'y dépense aussi peu ! C'est vraiment LE moment de bonheur du jour! J'ai failli appeler tout le monde que je connais pour l'occasion (heureusement que j'avais plus de forfait sinon mon exploit serait tombé à l'eau :p) Bon, il est vrai que j'ai rien acheté à part trois bouteilles d'eau et une barre céréale, et que samedi j'ai fait les courses de la semaine :p mais c'est le geste qui compte :p

Deuxième truc sans importance :
Hier, j'ai passé la journée au lit à regarder des disney. Et j'ai pleuré en regardant Moufassa tomber de la falaise et Scar s'emparant du pouvoir, et Simba partir. Oui, j'ai pleuré parce que les films disney c'est vraiment trop pleurant :/ et parce que je suis super à fleur de peau en ce moment et que voilà! (j'en ai encore les boules :/) Heureusement qu'en fin de journée, quelqu'un m'a sauvé la vie avec les happy tree friends :p

Troisième truc sans importance:
C'est la première fois que ça m'arrive, mais Paris m'étouffe. Je suffoque. Je commence à lui chercher la petite bête comme un vieux couple qui se chamaillent pour passer le temps, sauf que là, ça dure, et plus je fais la tête, plus il sera dur de me consoler :p Tout m'y paraît invivable: c'est cher, c'est pollué, c'est grand, c'est petit, c'est bruyant, c'est ennuyeux... Même le soleil qui est là depuis des jours, j'ai envie de lui dire: dégage, ce n'est pas chez toi ici. Tunis me manque énormément, j'ai une terrible envie de voir la mer, ma famille, mon meilleur ami :) mais bon, ça passera :)

Quatrième truc sans importance:
Je n'ai aucun don pour mentir. Je ne sais pas mentir, c'est mon handicap, et ça me hante. Si j'ai à inventer une histoire, je me perds dans les détails, je tremble, je bégaie et je suis démasquée; souvent je suis dans 2000 endroits à la fois, j'ai parlé à deux personnes qui ne sont pas sur le même territoire, bref c'est le bazar! Si bonne âme il y a pour m'apprendre à le faire... :p

Cinquième truc sans importance:
J'ai raconté récemment à un ami que j'étais tellement bien dans mon célibat que je ne me vois pas vivre une relation avec quelqu'un, que je ne me vois pas lui réserver ma vie, je n'ai aucun désir ou projet à fonder un foyer, avoir une famille, une maison, prendre en charge des enfants. Et puis d'abord je suis trop râleuse, et je ne me vois pas changer pour quelqu'un :p Le soir même, j'ai fait un cauchemar: ma mère, mes trois tantes et mes deux grand mères qui m'emprisonnent dans une cave, et me font l'épilation-complète-pré-mariage :p Faut que j'arrête les films d'horreur :p ou que je me trouve un partenaire au plus vite, peut être qu'une fois dedans, ça pourrait p'tet me plaire :p

Sixième truc sans importance:
J'ai les yeux qui virent au vert quand il y a du soleil :p (bon, pour moi c'est important mais bon :p) (d'ailleurs quand je fais une insomnie, rien de mieux pour m'en dormir que Green eyes en boucle ... :))

Je tague: Marilyn, Iznogood, Joli coeur, lapin, Vanilia et tous les gens qui n'ont pas envie d'être tagués :p (oui ceux qui se reconnaitront :p)

Sinon, dans le même genre, y avait les 7 anecdotes, c'était marrant aussi :) (j'aime mieux le sept :p j'ai pas pu m'en empêcher :p)

vendredi, février 15, 2008

Je rêve de Tunis...

Je suis sur ce même banc, de ce café usé, au décor en bleu et blanc, au coin à droite. Après midi du mois d'avril. La mer à perte de vue, épousant le bleu du ciel, le soleil qui me chatouille les joues et le nez, et le thé à la menthe qui me noie dans une étourdissante rêverie, comme un sommeil qui commence. Je ferme les yeux et je rêve de l'infini. Je veux saisir ce bleu qui n'a pas de fin, je persiste, je rie de mon impuissance. Un jour, me dis je, je serai loin.
J'ouvre mes paupières frémissantes. Le soleil m'éblouit, j'ai l'impression que j'en perds la vue, je ne perçois que des silhouettes, des corps par ci par là, et le vert des yeux de ma mère. Et ça repart, ce vert, insaisissable, poétique, puis le bleu, puis le blanc, puis la mer, et je suis loin, si loin...

Je suis au volant. Tunis dort encore, il n'est pas encore six heures du matin. Je raccompagne mon père à la gare de Tunis. Tout est noyé dans un sommeil sans fin. Quelques lanternes illuminent la route, l'appel à la prière qui résonne, chant mélodique qui plonge la ville dans une étrange communion avec le ciel. Je dépose mon père et je rentre. Je roule, Tunis à six heures du matin, c'était pour moi un goût nouveau. Je roule, à coté du lac, noyé dans une paix mortuaire, je perçois les premières lueurs de l'aube, je suis heureuse.

Tunis me manque.